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Le
Traité européen de Sarkozy :
la Grande Arnaque !
Il
n'y a plus, formellement, de Constitution européenne, un tout formé
d'articles qui se suivent, mais une très complexe série
d'adjonctions aux traités antérieurs. Ce sera strictement
illisible (voir 1 en bas de page) pour un
non-spécialiste, et d'autant moins lisible qu'aux modifications
des traités sont ajoutés nombre de protocoles et de déclarations.
Un diplomate a déclaré ironiquement qu'on devrait l'appeler
" Traité des notes en bas de pages ".
(L'auteur et ses priorités
:
l'Europe d'abord !)
" Personnalité
juridique "
On peut noter diverses
modifications du texte de la Constitution.
- Il n'est plus question de "
lois " européennes ; on est resté aux " directives
" (qui ont valeur ... législative).
- L'article sur la primauté
(2) du droit européen sur les droits
nationaux disparaît ; il est remplacé par une " déclaration
" rappelant la jurisprudence de l'Union Européenne (qui
est celle de la ... primauté du droit européen).
- Il y aura un article sur la "
personnalité juridique " de l'UE mais avec une déclaration
soulignant que cela " n'autorisera en aucun cas l'Union à
légiférer ou à agir au-delà des compétences
que les Etats membres lui ont attribuées dans les traités
" (3).
- Il n'y a plus de ministre des
Affaires étrangères mais un " Haut Représentant
". Il gagne du galon, mais le paragraphe
sur les Etats membres qui doivent " appuyer sans réserve
" la politique étrangère commune est supprimé,
et une déclaration souligne que les dispositions en la matière
" ne portent pas atteinte aux compétences des Etats membres
quand à leur propre politique étrangère "
ni à leur représentation propre dans les instances internationales.
- On signalera aussi cette nouveauté
que " les traités peuvent être révisés
pour accroître ou pour réduire les compétences de
l'Union " (4).
- Et enfin que, contrairement à
ce que souhaitait Sarkozy, il n'y a aucune extension supplémentaire
des domaines soumis au vote à la majorité qualifiée
par rapport à ce qui était prévu dans la Constitution
européenne.
Cela étant dit, le poison de la Constitution
européenne est bien présent.
- Ce poison, c'est la " personnalité
juridique " de l'Union, qui en fait une entité de droit
international (et qui a forcement vocation à étendre ses
compétences, aujourd'hui prétendument limitées).
- C'est la présidence "
stable " de l'Union qui crée une nouvelle autorité
supranationale.
- C'est l'extension des domaines
soumis à la majorité (ceux qui figuraient dans la Constitution,
particulièrement en matière judiciaire et policière)
et plus généralement toutes les avancées européistes
plus ou moins camouflées ou amendées par un déluge
de "déclarations " et de " protocoles ".
- C'est enfin le fait de rendre
" contraignante " la charte de droits fondamentaux.
Tout
au long du texte, on remarque un effort permanent et pathétique
pour bien souligner que toute décision doit respecter le principe
de subsidiarité. Cela commence par la modification de l'article
11 pour dire que l'UE " n'agît que dans les limites de compétences
que les Etats membres lui ont attribuées ". Et cela se
poursuit par nombre d'ajouts, de déclarations, de protocoles, déclinant
ce principe de toutes les façons possibles.
Le problème est que tous ces efforts sont vains (et ceux qui ont
accepté ces textes le savent fort bien), car le poison originel
les réduit à néant.
Ici, le poison est celui du Traité de Maastricht où avait
été défini le principe de subsidiarité d'une
façon exactement contraire à ce qu'il est. Les précisions
apportées dans le nouveau traité seront inopérantes
tant que cette définition n'aura pas été changée.
Et il n'en est évidemment pas question, puisque c'est cette définition
qui permet précisément d'aller toujours plus loin dans la
construction d'un Super-Etat, tout en protestant qu'il n'en est rien...
Voilà, grosso modo, ce qui
se passait pendant qu'on amusait la galerie avec le système de
vote. Le nouveau traité, a déclaré Bruno Gollnisch,
est " une escroquerie politique comme je n'en ai jamais vu en
30 ans de carrière ". C'est " un petit manuel
de tromperie des électeurs à destination des gouvernants
". On fait croire aux peuples, notemment à ceux qui l'ont
rejetée, que cette Constitution est enterrée et qu'on élabore
un mini-traité technique, un " traité de fonctionnement
", et que l'on reprend en fait toute la substance de la Constitution,
par morceaux que l'on dispatche dans les traités existants ...
C'est l'inverse d'un Canada Dry de Constitution, souligne Bruno Gollnisch
: ça n'a pas le nom de Constitution, ça n'en a pas l'apparence,
mais c'est la Constitution.
" Le Front
National entre en résistance "
Puisque l'essentiel du contenu de
la Constitution européenne est maintenu dans le traité,
il va de soi que les citoyens doivent être consultés. Mais
pour être consultés, ils doivent d'abord être informés.
C'est ce que Nicolas Sarkozy ne veut pas. Avec la complicité de
toute la classe politicienne, il veut faire passer le traité en
catimini, pour que les Français ne sachent pas ce qu'il cache.
Et l'on en parle déjà plus...
Il reviendra pourtant dans l'actualité, lors de la conférence
intergouvernementale chargée de le rédiger, puis lors de
la signature du texte au Portugal.
C'est alors que se posera la question de la ratification.
Or les Irlandais ont déjà fait savoir qu'en raison de l'importance
des modifications entraînées par le traité, ils le
soumettraient à référendum (5).
Dans un communiqué, Jean-Marie
le Pen constate que Nicolas Sarkozy a " trahi la charge que lui
ont confiée les Français de Président de la République,
garant de l'indépendance nationale ", en contribuant à
ce " désastreux accord ". Il annonce que "
le Front National entre en résistance et en sera, dans
les mois qui viennent, le fer de lance et le représentant des Français
qui, au-delà de leurs divergences, souhaitent le maintien de la
France en tant qu'Etat-Nation, libre et souverain ". Il souligne
qu'il prend date pour la présidence française de l'UE au
second semestre 2008, et pour les élections européennes
de 2009 où il sera " l'opposant numéro un à
la politique européenne de Nicolas Sarkozy et à ses abandons
de souveraineté en matière institutionnelle ".
Extrait de l'éditorial
de National Hebdo (n° 1197, semaine du 28 juin au 4 juillet 2007)
par Yves Daoudal.
Notes de bas de page (par votre webmestre)
(1) : ce qui n'a pas
une grande importance aux yeux de Sarkozy puisque seuls des spécialistes
devraient le lire. Pas les électeurs puisqu'ils ne seront pas consultés.
(2) : en cas de conflit
entre une loi nationale et une loi européenne, c'est la loi européenne
qui sera appliquée.
(3) : mais comme ces
compétences seront très étendues, rares seront les
cas où l'Union débordera ses compétences.
(4) : réviser
un traité est bien plus facile que d'en faire accepter un. Il faut
comprendre que dans l'esprit du traité européen de Sarkozy,
il ne s'agira jamais de réduire les compétences de l'Union
mais au contraire de les étendre. Alors que la plupart de nos politiciens
rêvent d'un super état européen (où la France
ne serait plus qu'une région), pourquoi réduirait-on ses
compétences sur la voie de sa réalisation ?
(5) : Sarkozy prévoit
d'utiliser partout la procédure parlementaire (et pas le référendum)
pour faire accepter son mini-traité. Rappelez-vous que le 29 mai
2005, près de 90% de nos députés voulaient voter
Oui à la Constitution mais 55% des électeurs ont dit NON
! Comme ce sont quasiment les mêmes qui siègent maintenant
à l'Assemblée nationale, il est facile de prévoir
le résultat du futur vote.
De plus, nous sommes prêts à parier que Sarkozy s'arrangera
pour que, si un pays refuse le traité, celui-ci s'appliquera quand
même ! Ou que les Irlandais reviendront sur leur décision
!
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