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Elections
municipales à Nice
La situation se clarifie !
Peyrat, le FN et Estrosi
Ca y est ! Aujourd'hui samedi 10 novembre
2007, les Niçois sont fixés.
Jacques Peyrat sera bien candidat à sa propre succession
au siège de maire.
Sans l'investiture de son propre parti.
Même s'il s'agissait
d'une évidence, on ne pouvait imaginer que Peyrat baisse pavillon
devant l'ambition d'un concurrent. Et laisse la place sans lutter. Celà
n'aurait pas cadré avec son parcours.
D'autant plus qu'il
y a quand même quelque chose de pas très normal dans cette
"primaire" à droite. Le RPR d'abord, UMP ensuite, a toujours
eu pour habitude de reconduire les sortants pour les investitures municipales.
Sauf cas rares et très précis où le sortant a démérité
d'une quelconque façon (l'actuel maire de Reims n'est pas non
plus reconduit).
Alors, si Peyrat n'a pas d'investiture UMP, quelle en est la raison ?
Où a-t-il " fauté " ? Son bilan, vu par
l'UMP, est-il si mauvais ? Redressement des finances publiques,
aménagements routiers, grande bibliothèque et le projet-phare de la première
ligne de tramway qui entre en fonction fin novembre. " Je crois
sincèrement ne pas avoir démérité !
" disait-il après la déclaration de candidature d'Estrosi
le 21 octobre dernier.
Pourquoi donner la préférence à Christian Estrosi
qui ne peut présenter de bilan municipal mais seulement "
des espoirs " (en 2 mots) ?
"
J'irai au combat même sans étiquette ! " avait-il déclaré
dès le mois de janvier.
Nous y sommes !
Mais avec qui ? Lors des deux dernières séances du
Conseil Municipal de Nice, six élus UMP (proches de Christian Estrosi)
se sont abstenus le 14 septembre, au moment du vote sur le projet de l'ancienne
gare du Sud, qu'ils jugeaient "disportionné".
La fronde s'est accentuée un mois plus tard avec le vote de douze élus
de la majorité contre le projet de palace sur le terrain Sulzer.
Après ces " trahisons ", comme les avait qualifiées Jacques Peyrat,
et le soutien annoncé par plusieurs personnalités de la droite locale
à la candidature Estrosi, qui ont sans doute senti le vent tourner, le
sénateur-maire de Nice sait qu'il va devoir compter ses vrais amis.
Et
le Front National dans tout ça ?
Le Dr Rémy
François, dirigeant du FN 06 et très probable tête
de liste FN à Nice, a déclaré hier soir : "
L'investiture donnée à Christian Estrosi a été
une pantalonnade. Dans cette affaire, le maire a montré toute la
noblesse de son caractère : il ne s'est pas laissé acheter(1).
Cela cadre bien avec le personnage, ancien officier de l'Armée
Française ". " Aujourd'hui, nous sommes prêts
à lui donner un coup de main sous la forme d'une participation
à une liste de large union d'intérêt local.
Mais pas du tout sous la houlette du FN ni d'aucun autre parti politique
national.
Si une liste se fait, ce sera en fonction des compétences
de chacun et non pas en fonction de la carte d'un parti ".
Le Front National
des Alpes-Maritimes n'hésitant pas, dans ces conditions,
à tendre la main et à soutenir un ancien compagnon.
D'autant plus qu'à nos yeux, il n'a jamais démérité
ni remis en cause ses premières amours frontistes.
Jacques Peyrat n'a pas les défauts que d'aucuns lui prêtent
et nous le connaissons bien. C'est pourquoi notre groupe de conseillers
municipaux niçois l'a toujours appuyé sur ses grands projets
qui étaient tous dans l'intérêt des Niçois
et de la ville (voir à ce sujet les textes du Bâtonnier Gérard
de Gubernatis sur notre site, ici,
et ici, entre autres).
Et
Christian Estrosi dans tout ça ?
Selon un sondage commandé
par l'UMP et publié début octobre, M. Estrosi devancerait largement,
avec 50% des voix, M. Peyrat. Ce dernier obtiendrait 10% au premier tour
de l'élection, contre un total de 27% aux trois listes de gauche.
Ce sondage dont nous doutons fortement de la validité, arrange
trop bien les affaires du candidat UMP. Et ce, à un moment
où l'on se posait encore la question d'une investiture UMP pour
Peyrat.
On
pourrait croire que Christian Estrosi cherche à tout prix une justification
à sa propre investiture. Il faut reconnaître que celle-ci
n'est que celle du désir d'un homme de devenir Maire de la 5ème ville
de France. Pourquoi ?
Dans quel intérêt ?
Celui des niçois ? Ou le sien propre pour sa "carrière" politique ?
Car enfin, il faut
être réaliste, cet homme est déjà président
du Conseil Général des Alpes-Maritimes et Secrétaire
d'Etat à l'Outre-mer. Où trouvera-t-il le temps d'être
au service des Niçois ? Un jour par semaine ? Deux ?
Certes, il lui faudra bien démissionner de sa fonction de Président
du Conseil général (la loi sur le non-cumul des mandats
l'autorisant à rester conseiller général)
mais avec lui, on est habitué !
En 2002, après avoir été élu député,
il démissionne dans la foulée et laisse sa place à
Charles-Ange Ginésy son suppléant. En 2007, bis repetita,
il est élu et démissionne pour laisser sa place à
son suppléant (toujours le même, qui doit d'ailleurs s'en féliciter
tous les jours).
Voilà un vrai professionnel de la politique. Le mercenaire dans
toute sa splendeur !
Et c'est cet homme qui prétend diriger Nice à partir du
mois de mars ?
Bruno Ligonie
(1) : Allusion à la rumeur du retrait
de Peyrat contre la présidence d'une commission sénatoriale
sur l'Armée. |