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Marine
LE PEN
Au seuil de cette rentrée qui, je le sais, inspire à beaucoup d’entre nous des craintes sur l’avenir de notre famille politique et les amène à s’inquiéter de la pérennité de notre action. Je voudrais vous faire part de mon optimisme, non pas un optimisme béat ou convenu mais un optimisme raisonné et réaliste. Certes, les blessures du revers essuyé lors des législatives ne sont pas totalement cicatrisées. Certes, les dommages financiers obligent le parti à des sacrifices et à des adaptations. Mais avec l’élection
de Nicolas Sarkozy, le système a tiré sa dernière cartouche. Si certain ont cru que cette offensive sarkozyste sur nos terres idéologiques était irrésistible et que notre disparition politique était scellée par le dynamisme médiatique d’un homme, j’espère que le résultat obtenu à Hénin Beaumont – 42% - peut vous convaincre du contraire. J’ai entendu quelques esprits chagrins – l’auto flagellation est une maladie bien française et de ce point de vue, notre famille politique est bien française- nous dire que ce résultat héninois était, au mieux lié à un micro climat, au pire dû au strict fruit du hasard. Pour tordre le cou à ses analyses mortifères et parce que je sais pertinemment que le résultat d’Hénin Beaumont est essentiellement le résultat d’une action volontaire, d’une organisation rigoureuse et d’un travail de labourage électoral, j’ai voulu appliquer ce savoir faire à un autre terrain. C’est ainsi qu’avec l’équipe de Steeve Briois, nous avons mis à profit l’été pluvieux pour concevoir, organiser et planifier les deux campagnes partielles du Pas de calais. Les cas de figure étaient difficiles : Pas de candidat fortement implanté ; un 1er tour prévu le 9 septembre pour limiter la fenêtre de tir pour faire campagne ; des électeurs en vacances ou en période de rentrée scolaire. Dans un contexte de très forte abstention que l’on sait meurtrier pour les formations qui ne disposent pas de clientèles, nos candidats, Freddy Baudrin et le jeune Cédric Fasquelle, grâce à cette organisation et je ne le dirai jamais assez grâce également à leur remarquable travail militant, ont réussi le tour de force de regagner le terrain, électoral perdu en juin. Steeve Briois qui vient d’être nommé « responsable des partielles » interviendra tout à l’heure pour vous présenter son projet d’action. Comme le Petit Poucet, les élections partielles seront les petits cailloux blancs qu’il nous faut suivre pour trouver la voie. Il n’y aura, en effet, à mon sens, pas de redressement de notre appareil sans réactivation de nos capacités militantes, section par section, fédération par fédération. Il ne s’agit pas pour moi de me livrer à je ne sais quelle fanfaronnade déplacée. Je voudrais simplement, mes chers camarades, vous convaincre que la victoire électorale est possible. Elle est affaire de foi en soi mais aussi de technique et, bien sur, de travail. Les trois succès électoraux dont je viens de vous parler ont été obtenus sans le moindre reniement idéologique. Nous n’avons rien
concédé, ni à nos adversaires ni au politiquement correct. La horde de casseurs extrêmement violents, pour la plupart composée de voyous immigrés et de nervis à la solde des partis institutionnels qui est venue attaquer la permanence le soir du second tour suffit à témoigner de l’agressivité totale du système à l’égard de ma candidature. Ce dont j’aimerai vous convaincre, c’est de ma conviction que nous pouvons gagner sur nos idées même avec un Sarkozy survitaminé et surmédiatisé.
Aujourd’hui la situation
se clarifie. Le temps des incantations de tréteaux et de plateaux est
terminé. Chaque jour conforte
nos analyses. Le XXème siècle a
connu deux totalitarismes : le nazisme et le communisme. Ce combat, il
est historique, ce combat il est décisif, nous n’avons pas le droit de
ne pas le mener, nous n’avons pas le droit de le perdre. La question - comment concevoir le Front National - nous amène à nous poser la question : « Qu’est ce qu’un parti politique ? » Une organisation politique,
en tout cas la nôtre, ce n’est pas un club dont l’objectif serait de faire
de la figuration à des élections pour témoigner et où ont peut entendre
des cadres dire : ce n’est pas la peine de faire campagne, ça ne sert
à rien d’être sur le terrain… Que le parti fasse élire des militants, c’est normal et sain. Mais en tout état de cause, l’élection de représentants du parti n’est pas un but, ce n’est qu’un moyen. L’élu n’est pas un petit notable de la République, il est avant tout un militant et pour les autres militants un camarade de combat. A la question disais-je
qu’est ce qu’un parti politique ? Qu’est ce que le Front National ? Je le dis clairement
: Le Front national c’est d’abord un mouvement : Militant cela signifie que doivent prévaloir en notre sein l’altruisme et le bénévolat, le respect et la récompense du dévouement gratuit pour la cause, la promotion des élites militantes, le respect d’une éthique irréprochable et pour le coup, particulièrement de la part de ceux qui ont la chance d’être salarié. Ma plus grande fierté dans la campagne d’Hénin Beaumont, c’est moins le résultat que l’ambiance fraternelle et militante qui dominait, cet extraordinaire élan unanime d’un petit groupe d’hommes et de femmes différents et pourtant tellement semblables, unis dans un but commun, unis sur le terrain, un paquet de tracts ou une affiche à la main, sur le trottoir dans une action de porte à porte ou aux abords d’un marché. C’est cette synergie militante qui a permis de faire travailler ensemble -tout naturellement et sans même s’en rendre compte- des gens venus de tous les horizons politiques, des patriotes venus du Front national, du MNR, de l’UDF, du PS, ou de nulle part. L’Union patriotique, si j’ai pu, en son temps, refuser qu’elle se fasse autour de marchandages scabreux non dénués d’arrières pensées, je l’ai réalisée concrètement sur le terrain dans ma campagne, sans demander à aucun des camarades présents d’où il venait, en accordant ma confiance totale à tous. A aucun moment, je n’ai été déçue. L’unité et la fraternité dans le combat constituent l’illustration la plus pure et la plus souhaitable du compromis nationaliste. A l’inverse, nous devons nous garder d’une des maladies à laquelle notre famille politique succombe avec une délectation dangereuse : l’esprit groupusculaire dont souvent l’action principale consiste à dire du mal de son voisin. Chacun doit être conscient que le combat comporte ses exigences, exigences de comportement, de propos, de respect de la ligne ou de la stratégie définies et de discipline librement consentie. Contre cette tendance groupusculaire dont nous constatons ici et là avec consternation des débuts de pathétiques résurgences, nous voulons opposer une vision d’un parti respectueux de chacun d’où qu’il vienne, un parti respectueux des militants sans lequel il ne serait rien, un parti conçu comme une machine de guerre exclusivement tournée vers l’action où chacun aurait sa place selon son mérite et son dévouement. Au moment où nous entrons dans la période de préparation des élections municipales et des élections cantonales, cette action prioritaire se résume en trois mots : recruter, former, implanter. Mon équipe est en train de préparer un guide des élections municipales qui sera bientôt diffusé. Je serais moi-même au côté de Steeve à Hénin Beaumont avec pour objectif de prendre la ville mais reste prête si vous les souhaitez à venir vous apporter dans toute la mesure de mes moyens mon aide politique. (voir note en bas de page. Ndlr) La fédération du Pas de Calais organisera pour ses candidats un atelier municipal mi-octobre. Cette journée de formation est naturellement ouverte à tous ceux qui le souhaitent dans vos fédérations. Il suffit de prendre contact avec Steeve. Cet accompagnement des têtes de listes et des futurs candidats titulaires et suppléants aux cantonales, je souhaite en faire une priorité. C’est la raison pour laquelle nous allons, dès le début de la semaine prochaine, lancer une pétition contre l’entrée de la Turquie en Europe. L’intention de Nicolas Sarkozy de supprimer la procédure du référendum pour tout élargissement européen dont JP Jouyet s’est fait l’écho devant la Commission Balladur, confirme le reniement cynique des engagements du Président de la République sur la Turquie. Nous devons porter le fer là où ça fait mal. Ajouté aux menaces concernant l’Iran, à l’intention manifeste de renforcer la présence française en Afghanistan ou celle de réintégrer l’OTAN, ce reniement sur la Turquie est pour nous une chance inespérée d’ouvrir les yeux de nos compatriotes sur l’escroquerie dont ils sont victimes. Mais surtout, il s’agit là d’une occasion inespérée, par l’intermédiaire de cette pétition qu’il vous faudra localiser, de recueillir des noms afin de constituer des listes dans nos municipalités. Les plus anciens s’en souviennent. En 1988, le front national, perdait son groupe parlementaire et tombait à moins de 5% dans les cantonales qui suivaient. Sur ses simples forces militantes, le FN se redressait et présentait en 1989 plus de 500 listes au municipales, faisant ainsi une entrée fracassante dans les assemblées communales. Il ne tient qu’à nous
de faire mentir les nécrologues qui nous enterrent régulièrement. C’est ainsi que nous
recréerons la magie du combat, cette magie qui donne à l’action politique
au Front national sa dimension supérieure, une dimension supérieure au
service exclusif d’un idéal qui nous dépasse. C’est là la clef du succès. Et n’oublions jamais qu’« Au début était l’action ». Intervention de Marine Le Pen au Conseil national. 15 Septembre 2007 Note : Marine Le Pen sera présente à Nice le Vendredi 19 octobre prochain. Vous serez informés des modalités de la réunion. Il n'y aura que 150 à 200 places. La mise en caractères gras est de notre fait. Page mise en ligne le 18 septembre 2007 à 12h55. |
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